Sophie Bassouls | Photographe | Deux à trois

Deux à trois

Deux hommes qui s'appellent mutuellement du nom codé des naufragés perdus en mer, Charly Bravo et Ecco Papa, deux hommes intimement et indéfectiblement liés à ma vie, mais deux hommes aussi chahutés et mis à mal par la Vie, dont la médecine de pointe est le pointillé continu, promènent leurs regards à mes côtés au hasard de voyages à travers le monde.
Et là-bas, je les photographie parce que je les aime, parce que l'un et l'autre savent que je fais l'un et l'autre ; depuis dix ans côte à côte (et quelques poignées de mains tout au plus) quel est ce lien qu'ils taisent et qui les unis, quel est cet accord qu'ils taisent et qui unit leur regard, qui les fait,
immobile, si souvent ensemble le regard, en ligne de fuite ? Cherchent-ils quelque chose qu'ils n'auraient pas déjà trouvé ? Où va ce silence qui accompagne leurs pas

Je sais chez eux un désir d'ailleurs, de la curiosité, beaucoup de nonchalance et le dandysme aussi et le vagabondage. Je partage l'errance, le plaisir de « partir pour partir », l'alcool aussi.

Je choisis sans leur avis mais avec leur accord, les lieux qui portent mon regard interrogateur, inquiet souvent, attentionné d'une muette connivence : les ports qui me sont tumultes ; les déserts qui me sont silence d'avant le chaos ; les trottoirs, surtout les trottoirs, qui me sont escaliers, murs, porches,
vitrines de la ville, de toutes les villes ; mais aussi les plages lointaines qui sont le lointain, les bars qui sont le goût du café, les musées qui sont la main large des poètes ; et les villes, comme autant de trajets multiples, les villes où nous sommes nés, qui sont condition de leur survie et nécessaire à mon
équilibre dans la géométrie du regard.

Je ne montre pas, je vois et ce que d'aucun disent « j'arrête » est à la fois permanant et toujours étonnant (étonné ?) au temps de pause suivant.

J'aime à noter encore et toujours « l'amitié » celle que je vois et l'autre que je donne à voir ou ce qui dans leur silence, dans leur souffrance, dans leur joie d'avoir semble-t-il déjà tant accepté tient de la complicité.

Entendrez vous comme je le vois souvent ces mots de Char qui me sont si précieux : « Dans les rue de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?...

Sophie Bassouls, Charly Bravo, Ecco Papa, juillet 2005

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